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Patrimoine - Famille de Tournon

 

La branche cadette

De la Famille de Tournon

 

Exposition

Du 13 au 21 septembre 2003


Le mot de la Présidente.....

L'exposition présentée aujourd'hui au Château de Tournon a pour objectif de faire connaître toute une partie de la famille des Seigneurs de Tournon, peu connue dans son entier, sinon par bribes.

Son origine est à Desaignes. Et il est vrai que le village connaît une partie de son histoire. Le premier personnage de cette famille se nomme Alexandre. C'est un fils de Jacques II de Tournon, mais conçu avant le mariage de son père avec Jeanne de Polignac. De ce fait, la destinée d'’Alexandre est toute différente de celles de ses frères et sœurs.

Par son alliance avec Marguerite de Meyres, il fonde la branche des Tournon de Meyres, qui survécut pendant plusieurs générations.

Puis, par un nouveau mariage chez un descendant, les Tournon prennent le nom de Tournon Simiane et s'installent à Claveyson dans la Drôme.

C'est alors qu'un personnage prestigieux va s'imposer dans l'histoire : c'est Camille de Tournon Simiane, préfet de Napoléon à Rome et qui fera aussi une carrière brillante à Bordeaux, Lyon et Paris. Rome lui doit la réhabilitation de ses antiquités romaines, ce qui demanda à Camille une ténacité, un esprit d'entreprise, mais aussi une compréhension des hommes sans égale. Bordeaux lui doit son magnifique pont de pierre ; Lyon d'autres réalisations importantes.

Sa descendance est à l'origine d'une nouvelle branche : les Tournon de Chabannes La Palice, qui vivent aujourd'hui dans l'Allier, en Beaujolais, à Paris.

De même que les frères et sœurs de Camille vont s'allier à des familles bien connues en Ardèche, même si elles s'éloignent de notre région au fil du temps.

Il est à noter que toutes les familles restent très attachées à leurs origines, peut-être de plus en plus... Et ceci redonne vie à l'histoire de notre ville, qui, pour le domaine, s'était arrêtée en 1644 avec la mort de Just-Louis II, Comte de Tournon, dernier seigneur de la branche aînée.

 

 

La Présidente

Juliette Thiebaud

 


les Archives Départementales de l'Ardèche

 

Archives privées, œuvres d'art ou souvenirs de famille sont soumis à tous les aléas des successions et des déménagements. Pour atteindre l’objectif fixé par Juliette Thiébaud Présidente de l'Association des Amis du Musée et du Patrimoine de Tournon, l'évocation de la branche cadette des Tournon, il a fallu s'attacher à une reconstitution s'appuyant sur un indispensable travail d'inventaire à la fois d'archives et d'œuvres d'art (tableaux, dessins, ...}, dispersés en plusieurs lieux.

C'est avec plaisir et intérêt que les Archives Départementales ont participé à ce travail matérialisé par des microfilms et des clichés d'archives et d'objets conservés dans de belles demeures souvent fort éloignées de Tournon et de Desaignes, berceau de la famille, en Bourbonnais et en Beaujolais. C'est ainsi par exemple qu'ont pu être retrouvés à Avrilly, la majeure partie des documents de la branche aînée et de la branche cadette, décrites dans un inventaire manuscrit resté à Montmelas, transmis soit par voie familiale, soit par le marquis de Satillieu, érudit ardéchois dont la collection a été dispersée au XIXème siècle. Déjà, l'abbé Moulard dans son remarquable ouvrage sur Camille de Tournon, avait été obligé de constater que les papiers provenant de l'illustre préfet de Rome étaient dispersés entre quatre châteaux. Il est donc particulièrement heureux que l'exposition initiée par Juliette Thiébaud ait permis simultanément de localiser, d'inventorier, de reproduire et donc de conserver des documents et des objets d'une famille dont le nom à lui seul signifie l'importance pour le Vivarais.

 

 

Dominique DUPRAZ

Directeur des Archives Départementales de l’Ardèche


Catalogue de l’Exposition

Fin de la branche aînée des Seigneurs de Tournon

I La branche aînée des Tournon

Le Château de Tournon

Les armoiries des Seigneurs de Tournon Texte

La Famille Tournon de Meyres

II Alexandre de Tournon et Gaspard de Tournon

Texte sur Alexandre de Tournon

Armoiries de la Famille de Meyres

Le Château de Desaignes

Texte sur Desaignes

Texte sur Le Vergier

Le Château du Vergier

Lettres de Légitimation accordées par Louis XII, en 1514

III Jean-Antoine de Tournon de Meyres

Texte sur Jean-Antoine de Tournon de Meyres

Portrait de sa sœur Anne, religieuse

Portrait de son frère : Louis-César, Baron, de Bel-Air, Chevalier de Malte

IV Descendants de son premier mariage avec Marie de Beaulieu

Hugues-François de Tournon de Meyres

Texte sur Hugues-François de Tournon de Meyres

Texte sur Rose-Marie Héne, sa fille

Portrait de Rose-Marie Hélène

 

La Famille de Tournon Simiane

Tableau généalogique partiel

V Descendants de son deuxième mariage avec Marie-Louise de Simiane

Portrait de .Marie Louise de Simiane Montcha de la Faye

Portrait de son fils Pierre, Chevalier de Malte

Texte sur son fils, Marc de Tournon

Texte sur son fils Jacques de Tournon-Simiane

Le Château de Claveyson

Marie-Anne de Chastan


VI Alexandre-François Xavier, Comte de Tournon-Simiane

Texte sur Alexandre-François Xavier de Tournon-Simiane Armoiries des Tournon-Simiane

Portrait de son épouse : Alix de Sceytres Caumont, par Ingres

Portrait d'Alexandre-François Xavier enfant

Portrait présumé d'Alexandre-François Xavier ou de son fils Camille

VII Camille de Tournon Simiane

Texte sur Camille de Tournon Simiane

Portrait en pied

Armoiries de Camille de Tournon Simiane

Texte : Camille construit sa carrière

Trois dessins de Camille :          Le Grand Pont à Tournon

Le Château de Desaignes

Le Vatican et ses jardins

VIII Camille de Tournon Simiane, Préfet de Rome

Texte sur Camille de Tournon Simiane à Rome

Nomination de Camille comme Préfet du Tibre et de Rome

Nomination de « baron d’Empire » pour Camille de Tournon Simiane

IX Iconographie sur les travaux de Camille de Tournon Simiane à Rome

Plan de Rome en 1810

Elévation des Colonnes du Temple de Jupiter

Plan du Vatican avec ses jardins

Nouvelle place au-devant de la Colonne Trajan

Elévation du Palais du Quirinal et de la Dataria

Elévation du Palais de la Consulta du Quirinal

Elévation des rampes du Jardin du Grand César

Plan des forêts dans les Marais Pontins

Les côtes de l'État Romain

Portrait de Camille de Tournon

X Camille de Tournon Simiane, Préfet de Bordeaux

Texte : Camille de Tournon, Préfet de Bordeaux

Vue du Pont de Bordeaux

Détail d'une arche du pont

Camille de Tournon est nommé Pair de France par Louis XVIII (24 décembre 1823)

Les deux  faces du Sceau Royal

La couverture du Journal des Pairs de France

Camille de Tournon est nommé Préfet de la Gironde

Texte sur la fin de la Carrière de Camille de Tournon Simiane

Tableau généalogique partiel

XI Vie privée

Texte sur les deux frères de Camille : Philippe et Victor

Portrait de Claude-Philippe Antoine de Tournon

Le Château de Génelard

Portrait d'Adèle Mayneaud de Panlemont, épouse de Camille Just

et Claude-Philippe, les deux fils de Camille et Adèle

Texte sur Claude-Philippe Antoine de Tournon

XII Just-Hyppolite de Tournon

Texte sur cette famille

Portrait de leur fils Just

Portrait de Just-Hyppolite de Tournon, autre frère de Camille

Portrait de son épouse : Mélitie de Murard

(reproductions de deux tableaux réalisés par le Père Artaud à Desaignes)

XIII La famille de Chabannes

Texte sur Philippe Antoine de Tournon

Portrait de Philippe Antoine de Tournon

Texte sur la famille de Chabannes La Palice

Le Château de Montmelas

Le Château d’Avrilly

Portrait de Françoise de Tournon, future Comtesse de Chabannes

XIV Autres descendances

Texte

Dessin de Camille de Tournon Simiane représentant ses deux sœurs : Alix et Hélène

Portrait du couple : Hélène de Tournon et Henri d'Hérisson

Au cimetière de Tournon

Huit membres de la famille de Tournon Simiane reposent au cimetière de notre ville

Alexandre-François Xavier, Vicomte de Tournon-Simiane

Marie-Aix Adophe Philippine Geneviève Eugénie de Sceytres­-Caumont

Hyppolite-Just, Comte de Tournon-Simiane

Pierrette Mélitie de Murard d'Yvours

Marie de Tournon-Simiane

Marguerite de Tournon-Simiane

Just-Marie Eugène de Tournon-Simiane

La Comtesse Anne Ghislaine de Villegas Saint-Pierre Jette


La Famille de Tournon

 

La famille de Tournon est de lignée très ancienne. Le premier personnage connu est un moine: « Pons de Tournon  », abbé de la Chaise-Dieu en 1094.

Au cours des siècles qui suivent, lette famille va prendre de l’importance et devenir très puissante en se rapprochant de son souverain. Ainsi, avant même le Rattachement du Vivarais à la Couronne de France, en 1308, Odon de Tournon apporte déjà son soutien à Philippe-Auguste. Et ses successeurs poursuivent une politique identique. Leur terre est bientôt érigée en baronnie.

Celle-ci s'agrandit considérablement grâce à des alliances prestigieuses. Les Seigneurs de Tournon occupent maintenant des charges â la Cour.

Au milieu du XVème siècle, Jacques avait eu un fils. illégitime, Alexandre, dont la mère Antoinette de Saint-Priest n'était autre, « dit la tradition », qu'une fille naturelle de Louis XI.

Let Alexandre de Tournon est à l’origine de la branche cadette des Seigneurs de Tournon, qui existe toujours ; tandis que la branche aînée s'est éteinte totalement en 1644 avec la mort de Just-Louis II.

 

 

 

Portrait de Just-louis II de Tournon

 

Just Louis de Tournon et Comte de Tournon, remarquable par son courage militaire, dominant les soucis et dangers de guerre, combattant souvent pour son roi au-delà du Rhin et des Alpes. Il a donné un exemple de son courage et de sa vertu. Enlevé par une mort prématurée au siège de Philisbourg au milieu des lauriers et des trophées, il a Laissé un grand regret dans tout le royaume. Il avait épousé Françoise de Villeroy, dont il n'a eu aucune descendance. Eteint le 30 août 1644.


Alexandre de Tournon de Meyres

 

Fils naturel de Jacques II, Seigneur de Tournon dans la deuxième moitié du XVème siècle, Alexandre est le premier maillon de la branche cadette de cette grande famille vivaroise.

Selon les mœurs du temps, le jeune garçon a certainement été élevé au Château de Tournon avec les enfants légitimes.

Il épouse Marguerite de Meyres en 1494 (contrat reçu le 13 mai par Claude Broë, notaire). Elle est la fille de Rodet de Meyres, châtelain de Desaignes. C'est là que se fixe le couple, qui fera de Desaignes le berceau de cette branche des Tournon.

En 1498, Louis XII, Roi de France, fait parvenir à Alexandre de Tournon de Meyres ses Lettres de Légitimation, Lettres confirmées en 1514 (on se souvient qu'Alexandre est sans doute un petit fils de Louis XI).

Dans un acte de 1508, Just 1er de Tournon (branche aînée) vient à Desaignes, où il confirme les libertés et franchises des habitants « ainsi que tous ses prédécesseurs l'ont fait ». Le frère naturel de Just : Alexandre est cité clans un acte comme « châtelain de la juridiction et mandement de Desaignes ».

Son premier fils : Gaspard de Tournon de Meyres va assurer la descendance.

 

Gaspard de Tournon

 

C'est lui qui va confirmer lette nouvelle branche des Tournon, en modifiant son patronyme.

En effet, il hérite des biens de la Maison de Meyres, ses grands parents maternels, à la condition pour lui et ses descendants d'en relever le nom et les armes Il devient :

« Gaspard de Tournon de Meyres »

Ses armes : « d'azur à la bande componée d'argent et de sable, à la bordure componée d'argent et de sable ».

Gaspard teste en 1564.

Un seul fils pourra assurer sa descendance : François

La famille se divisera à nouveau presque un siècle plus tard, en raison des deux mariages de l'arrière-petit-fils de François : Jean-Antoine de Tournon de Meyres.


Desaignes

 

Le village de Desaignes est très ancien. Situé sur le passage d'une piste naturelle vers le plateau, c'est par là que se font les échanges depuis toujours. Les Gaulois s'y étaient installés entre 1300 et 1200 avant Jésus-Christ. Puis les Grecs, remontant la Vallée du Rhône vers 600 avant Jésus-Christ, passent par Empurany, Desaignes, Saint-Agrève, etc... Enfin, les Romains, vers 154 avant Jésus-Christ, débarqués à Marseille, suivent les mêmes chemins le long du Rhône.

Une partie des troupes s'engage dans la montagne depuis Tournon et se fixe à Desaignes, qui devient une cité romaine. Des thermes sont construits, ainsi qu'un temple dédié à Diane ; c'est peut-être l'origine du nom du village ; mais les historiens ne sont pas tous d'accord Desaignes existait indubitablement avant l'ère chrétienne.

Les plus anciens Seigneurs connus sont les Retourtour, dès le Haut-Moyen­-Age. Ils conservent cette terre pendant des siècles.

En 1352, Briand de Retourtour accorde à perpétuité à noble Pons de Meyres de Desaignes, et aux siens, le droit de mouture et celui de cuire le pain de sa maison au four banal. A une date imprécise, le Château de Desaignes fut cédé à la famille de Meyres. Un acte de 1423 prouve que les de Meyres possèdent le château ; tandis que la terre restera entre les mains du Seigneur de Tournon jusqu'au milieu du XVIIème siècle.

 

 

Le Château du Vergier à Desaignes

 

De son premier mariage avec Marie de Beaulieu, Jean-Antoine de Tournon de Meyres a eu un fils : François, dont il a fait son héritier universel-par son testament du 27 juin 1709.

François de Tournon de Meyres transmet le Château du Vergier et tous ses autres biens à son seul fils : Hugues-François.

A la mort de ce dernier, son f ils Louis-Paul est déjà mort sans postérité ; sa fille- Rose-Marie-Hélène a disparu depuis 1782. La dernière fille de Hugues­-François, Marie-Sophie a épousé, en 1786, le Marquis de Montdragon, dont elle aura quatre enfants.

Dès la mort de Hugues-François en 1789, la marquise de Montdragon est exclue de l'hérédité en raison de son sexe !

Alexandre-François Xavier de Tournon Simiane, lointain cousin et descendant du deuxième mariage, se considère comme seul héritier. Mais c'est l'époque de la Révolution et le château est mis en vente. Le Comte de Tournon s'y oppose et revendique le bien. Le Tribunal Civil finit par lui donner satisfaction : il peut jouir du Château sans problème pendant quelques années.

A cette époque, la famille de Montdragon est en émigration en Allemagne et ses biens confisqués. Mme de Montdragon meurt à Dortmund en 1801. Le Litige survient avec le retour des enfants de Montdragon, qui remettent en question le jugement. L'affaire sera difficile, mais la question est jugée définitivement ; le Vergier garde son nouveau propriétaire.

 


Jean-Antoine de Tournon de Meyres

Baron de Lamastre, de Retourtour, du Vergier et autres places

Jean-Antoine de Tournon de Meyres est un personnage très important à Desaignes, dont il fut maire durant de longues années.

Il est aussi très important chez les Tournon, puisqu'il est à l'origine de deux branches de la famille. Ceci en raison de ses deux mariages :

1)              le 2 mars 1686, il épouse Marie de Beaulieu, dont il a un seul fils : François de Tournon de Meyres n'aura lui-même qu'un seul fils : Hugues­-François, qui terminera la lignée.

2)              le 2 septembre 1691, Jean-Antoine de Tournnon de Meyres épouse Marie-Louise de Simiane Moncha de la Faye, qui lui donnera six enfants, dont l'un devra relever le nom de Simiane, abandonnant ainsi la dénomination « de Meyres ».

A cette époque, la famille habite le Château du Vergier à Desaignes. Jean­-Antoine de Toumon de Meyres meurt en 1710.

 

 

Hugues -François de Tournon de Meyres

Hugues-François de Tournon de Meyres est le représentant de la branche aînée de cette descendance, branche aînée qui va disparaître dès la génération suivante.

Né en 1729 à Desaignes, Hugues-François épouse, le 20 mai 1755, Jeanne Catherine Souveraine de Treslémont, dont la famille est originaire du Forez.

Le couple s'installe dans la propriété du « Banchet » à Arlebosc ; le domaine appartient à la famille de Treslémont. C'est là que naissent les trois enfants :

-         Louis Paul qui restera sans postérité

-         Rose-.Marie Hélène, dont l'histoire suit

-         Marie-Sophie, la future marquise de Montdragon

Hugues-François de Tournon de Meyres est un passionné de la chasse. Il participe à deux reprises, en 1764 et 1766, à la campagne contre « la bête du Gévaudan ». La « bête » a déjà fait de nombreuses victimes, quand M. Antoine de Beauternes, porte-arquebuse de Louis XV, reçoit en renfort plusieurs gentilhommes, dont le Comte de Tournon. Celui-ci se rend sur place en grand équipage : 1 piqueur, 3 cors de chasse, deux valets limiers, 19 chiens. Les battues sont nombreuses, ainsi que les victimes. Puis on crie victoire trop tôt, après avoir abattu un énorme loup. Hugues-François de Tournon de Meyres rentre triomphant en Vivarais. Très bon chasseur, il manque pour le moins de modestie, cherchant constamment la célébrité. L'échec de la campagne ne le gêne d'ailleurs en rien.

Ayant toujours des soucis d'argent, ayant de nombreuses dettes, il espère obtenir une lieutenance de Louveterie, qui ne lui est pas accordée.

Le 24 avril 1783, il vend le Château de Desaignes à M. André Gaillard, écuyer.

Depuis quelques années, il habite avec sa famille le Château de Conillieux en Dauphiné, où il continue à s'adonner à la chasse.

En 1786, il rejoint son fils Paul en résidence à Dôle dans le Jura. Mais Paul, officier, meurt dans la même année. Et Hugues-François se retrouve seul. Pendant trois ans, il continue à chasser dans la région. Mais il décède dans un rendez-vous de chasse proche de Dôle ; il a soixante ans. Il est inhumé le 11 janvier 1789 dans l'église de la ville. Il était Chevalier de l'Ordre Royal et Militaire de Saint-Louis.

 

 

Rose-Marie Héléne de Tournon de Meyres

Fille aînée de Hugues-François de Tournon et de Souveraine de Freslémont, Rose-Marie Hélène, née en 1757, passe son enfance avec son frère Paul et sa sœur Marie-Sophie, au romaine du Banchet à Arlebosc, où habitent ses parents.

Mais en 1772, son père ayant acheté le Château de Conillieux en Isère, toute la famille s'installe dans le pays retiré, couvert de forêts et bien triste. Hugues-François l'a choisi pour continuer à s’adonner à la chasse à la grosse bête, sa passion.

Heureusement, Rose-Marie Hélène a le moyen de s'échapper grâce à son mariage. Elle épouse en juillet 1773 le Vicomte Adolphe du Barry, neveu de la favorite de Louis XI, elle va lui apporter la fortune. Toute la Cour assiste à son mariage (sauf la Reine évidemment) : Le Roi, Mme du Barry, les princes, etc… et les parents. Le changement de vie est brutal, mais Rose s'adapte très vite. La Cour et ses fastes l'enchantent, malheureusement, le bonheur est de très courte durée : à la mort de Louis XV (le 10 mai 1774), Les du Barry doivent s'éloigner et la manne disparaît.

Adophe et Rose partent en Angleterre chez leur ami Rice. La vie facile reprend ses droits et ses excès. Le jeune couple dépense sans compter, s'adonne au jeu. Tout cela jusqu'à un nouveau malheur : le Vicomte Adolphe est tué en duel par son ami anglais. La jeune femme doit regagner la France, mais elle est sans argent. Grâce à des relations, et à son beau-père qui se montre généreux, elle peut enfin partir et rejoindre Conillieux. Elle réside aussi à Paris. Elle rêve de retrouver la Cour, mais il faut qu'elle fasse oublier les du Barry, qui ne sont plus une référence. Elle fait disparaître tout ce qui peut rappeler cette famille ; et va même jusqu'à faire disparaître les armoiries de son carrosse et de sa maison. Il s'en suit un procès, avec les du Barry.

Elle a une autre idée : elle achète des terres en Corse (Bagnaja et Serra., Juridiction de Borgo), qu'elle fait ériger en comté (elle en sera expropriée par un décret du 5 septembre 1791), tout çà afin de reprendre le titre et les armes des Tournon. Elle se dit Comtesse de Tournon. Ses cousins Tournon n'apprécient pas du tout cette initiative et lui font, eux aussi, un procès. Ils s'opposent à l'enregistrement des lettres érigeant les terres de Corse en Comté de Tournon.

Cet échec ne décourage pas la jeune femme. Le 13 mars 1792, elle se remarie justement avec un de ses cousins : Marc-Antoine de Tournon, Marquis de Claveyson. Elle est à nouveau reçue à la Cour et heureuse. Elle partage son temps entre Claveyson et Paris. Mais, encore une fois, le bonheur est de courte durée : elle meurt en décembre de la même année, à l’âge de 35 ans.

Son mari, Marc-Antoine se retire à Claveyson et s'éteint quatre ans plus tard. Ils n'ont pas eu d'enfant.

 

 

 

 

 

Jean-Antoine de Tournon de Meyres

Baron de Lamastre, de Retourtour, du Vergier et autres places

 

Jean-Antoine de Tournon de Meyres est un personnage très important à Desaignes, dont il fut maire durant de longues années.

Il est aussi très important chez les Tournon, puisqu'il- est à l'origine de deux branches de la famille. Ceci en raison de ses deux mariages :

1) le 2 mars 1686, il épouse Marie de Beaulieu, dont il a un seul fils : François-François de Tournon de Meyres n'aura lui-même qu'un seul-fils : Hugues-François, qui terminera la lignée.

2) le 2 septembre 1691, Jean-Antoine de Tournon de Meyres épouse Marie­-Louise de Simiane Moncha de la Faye, qui lui donnera six enfants, dont l'un devra relever le nom de Simiane, abandonnant ainsi la dénomination « de Meyres ».

A cette époque, la famille habite le Château du Vergier à Desaignes. Jean-­Antoine de Tournon de Meyres meurt en 1710.

 

 

Marc de Tournon

Un des fils de Jean-Antoine de Tournon et de Marie-Louise de Simiane, Marc de Tournon, acquiert le 11 juillet 1753 la terre de Claveyson en Dauphiné.

Cette terre appartenait à la Marquise de Lionne. Marc de Tournon s'adresse au Roi Louis XV pour obtenir confirmation de « ce titre de dignité », qu'il obtient assez facilement. Le Roi veut, dit-i/

« lui donner des témoignages de notre satisfaction et une espèce de récompense des services importants rendus depuis plusieurs siècles à l'Etat et au Roi, nos prédécesseurs, par les Comtes de Tournon, ses ancêtres du côté paternel, et surtout le Cardinal de Tournon sous les règnes de François Ier, Henri II et Charles IX, ainsi que ceux des Marquis de Gordes et de Moncha de la Maison de Simiane, ses ayeuls maternels... ». Louis XV confirme l'érection de la terre de Claveyson en marquisat. Marc de Tournon et ses descendants pourront porter le titre de « Marquis de Claveyson »

Marc de Tournon, qui était comme son frère Pierre, Chevalier de Malte, obtint la permission de changer d'état et de se marier. Il épouse Anne de Romanet. Le couple n'aura qu'un fils : Marc-François, deuxième mari de Rose-Marie Hélène, qui n'aura pas d'enfant.

 

Jacques II de Tournon

Baron de Banon

Autre fils de Marie-Louise de Simiane Moncha, Jacques II de Tournon reçut l'héritage d'une cousine de sa mère : Anne de Simiane. Anne de Simiane avait épousé le Marquis de Gordes, mais le couple n'avait pas eu d'enfant.

Anne de Simiane, Marquise de Gordes, choisit son neveu Jacques pour héritier universel. Cette décision est importante, car elle est soumise à une condition expresse :

Jacques II de Tournon doit relever le nom de Simiane.

L'histoire se répète.

C'est Alexandre François Xavier de Tournon, fils de Jacques, qui portera le premier le nom de : Comte de Tournon Simiane

Une nouvelle branche est née dans cette famille.

 

 

Le Château de Claveyson

Le château historique n'existe phis que sous forme de ruines depuis très Longtemps. Marc de Tournon a acheté, en 1753, un domaine à la Marquise de Lionne.

C'est son fils Marc-Antoine qui construira l'actuelle demeure. Celle-ci représentera le véritable refuge de la famille sous la Révolution.

 

 

Alexandre François Xavier

Comte de Tournon Simiane

Seul fils de Jacques II de Tournon et de Marie-Alix de Chastan, Alexandre-François Xavier de Tournon relève le nom de ses grands-parents maternels : « de Simiane » et lèguera le nouveau patronyme, accolé à celui de «Tournon » à ses descendants.

La famille habite Apt dans le Vaucluse.

Alexandre-François Xavier Comte de Tournon Simiane épouse en novembre 1774 Marie-Anne de Sceytres Caumont, originaire d'Avignon, dont il aura douze enfants, et en particulier Camille, futur Préfet de Rome nommé par Napoléon.

La famille continue à habiter à Apt jusqu'en 1786, date de décès de Marc-­Antoine de Tournon, Marquis de Claveyson. Sans descendant, le cousin d'Alexandre-François Xavier a fait de celui-ci son héritier universel. Claveyson devient le véritable foyer de la famille et pour longtemps.

En 1791, celle-ci doit se réfugier à Lyon pour échapper aux révolutionnaires. Retraite peu sûre pour le Comte de Tournon, resté farouchement royaliste. Au cours d'une nouvelle fuite, le père est arrêté et conduit à la prison de Valence, où il restera peu. Pendant ce temps, la Comtesse poursuit son pénible voyage vers Claveyson avec ses dix enfants. Et c'est au cours de ce retour quelle accouche d'une petite fille de Tournon, naissance consignée dans le paroissial de la ville, mais dont le texte n'est pas terminé ; que s'est-il passé ?

Après la libération du Comte de Tournon, le Château de Claveyson devient le véritable refuge. Alexandre-François Xavier de Tournon Simiane meurt le 9 mars 1810, laissant à son épouse la responsabilité de tous les enfants et du domaine, le dont elle s'acquittera avec beaucoup de courage et de dignité.

 

 

 

 

 

Alix de Sceytres Caumont, Comtesse de Tournon, mère de Camille

Reproduction d’un portrait de Ingres

 

 

Camille de Tournon, Comte de Simiane

Né à Apt le 24 juin 1778, Camille de Tournon est le troisième enfant d'Alexandre François Xavier de Tournon et d'Alix de Sceytres Caumont. La famille comptera onze enfants.

Camille a 8 ans lorsque ses parents viennent habiter le Château de Claveyson dans la Drôme, dont ils ont hérité de Marc-Antoine de Tournon. Un an plus tard, Camille va en pension à Sainte-Foy, près de Lyon, n'ayant pas été admis au Collège de Tournon. Puis, en 1789, il rejoint le Collège de la marine à Alès, car il rêve de devenir Chevalier de Malte, ordre deux fois représenté déjà dans la famille.

Mais la Révolution bouscule tous les projets. En 1791, Camille doit rejoindre ses parents installés à Lyon. Philippe a déjà émigré. Après réflexion, et malgré les efforts d'exploration de Camille, le père abandonne l'idée de quitter le pays, en raison de sa nombreuse famille. Toutefois, les plus jeunes enfants sont envoyés dans la montagne.

En 1793, l’insurrection de Lyon bat son plein et la ville est assiégée par les Républicains. Il y a de très nombreuses victimes. Tandis que le père se bat aux Brotteaux contre l’Armée de la Convention, Camille, sa mère, ses deux frères Hyppolite et Eugène, ainsi que sa sœur Pauline, ne cessent de fuir de maison en maison pour éviter les boulets. Après l’incendie de l’Arsenal la famille se regroupe et décide de rentrer à Claveyson.

La fuite est périlleuse, car Alexandre est connu comme royaliste. Déguisé en paysan, il part le premier. Puis la mère, montée sur un âne, et les trois enfants prennent la route. Madame de Tournon est extrêmement fatiguée et doit s'arrêter dans notre ville, où elle accouche d'une petite Alexandrine-Louise. La naissance est consignée dans le registre de la paroisse, rédigé en partie seulement, comme s'il avait fallu fuir... On peut imaginer l’angoisse et l'épuisement de lette femme.

Pendant le temps, entre St Rambert et Saint-Vallier, le Comte de Tournon a été reconnu et arrêté. Il est conduit à la prison de Valence. Camille entreprend immédiatement des démarches pour sa libération. Il se dépense sans compter, utilisant même les dons de vins de l’Hermitage aux gardiens. Il obtient enfin satisfaction et retrouve son père. Camille a seulement 15 ans.

Enfin, la famille est au complet à Claveyson en 1794. Mais le château a été pillé, les biens sont sous séquestre et la misère s'ajoute aux humiliations. Heureusement, la chute de Robespierre apporte une certaine accalmie.

C'est Camille, avec l'aide de son père, qui prend les choses en mains. Il partage son temps entre tes travaux agricoles et son instruction personnelle, qu'il mène seul et avec rigueur. Lette situation va durer pour lui jusqu'à l'âge de 25 ans.


Camille de Tournon construit sa carrière

En mai 1803, Camille décide de quitter Claveyson pour tenter une carrière administrative. Il se rend à Paris.

Logé modestement, il cherche désespérément une place ; ses démarches sont vaines pendant de nombreux mois. Il doit sans cesse faire appel à ses parents. Enfin, grâce à son ami d'enfance Just de la Tourrette, il est nommé « Rédacteur du projet du Code rural». Il travaille beaucoup. Ce qui lui vaut d'être nommé « Secrétaire en titre de la Commission du Code rural » et « Rédacteur au Bureau des Statistiques » par le Ministre Chaptal, beau-père de Just de la Tourrette. Il obtient avec retard un traitement annuel de 2400 francs, rapidement élevé à 3000 francs. Soucieux de son avenir, il refuse tous les emplois qui lui sont proposés loin de Paris : sous-préfectures, directions d'octrois, etc... Il préfère attendre.

Il assiste à la cérémonie du Sacre de Napoléon en 1804. Il raconte son enthousiasme à ses parents. Il leur écrit souvent, tantôt à son père, tantôt à sa mère. Après quelques vacances à Claveyson, son retour à Paris est marqué par sa nomination comme « Auditeur au Conseil d'État » le 2 février 1806, tandis que son frère Philippe devient Chambellan de l'Empereur. Camille est chargé d'une mission au Luxembourg, en Lorraine et en Alsace. Puis c'est le départ pour Berlin et enfin Bayreuth, où il est nommé « Intendant de la Province ». Il étudie avec conscience le pays, le parcourt sans relâche, notant ses ressources, ses faiblesses. Il apprend à connaître la population, ses mœurs, ses institutions. Simultanément, il apprend l'allemand.

Ayant des pouvoirs importants, Camille réforme l'Administration. Il est particulièrement occupé en 1809, quand la province s'agite à nouveau. Il s'empresse de recueillir des renseignements précieux pour l'Empereur et parvient à maintenir pour un temps le calme dans le pays. Mais le soulèvement reprend et Camille de Tournon est fait prisonnier et conduit à la forteresse de Munkacs en Hongrie. Il y reste peu de temps : Napoléon l'échange contre l'Intendant Général autrichien.

Après avoir, comme à son habitude, rédigé un rapport détaillé de ses actions, Camille apprend avec joie sa nomination comme « Préfet de Rome ».



Camille de Tournon, Préfet de Rome

Camille a 31 ans quand il arrive â Rome en 1809. Napoléon vient de le nommer :

« Préfet de Rome et du Tibre »

Il a déjà beaucoup d'expérience. C'est un homme ambitieux, désireux de plaire. Il va faire son possible pour conquérir Le cœur des Romains. Il sera vite apprécié, grâce à son enthousiasme, son esprit de décision et son amour du travail bien fait.

Il faut rappeler que le Pape Pie VII avait été chassé du Vatican en 1799 et transféré en divers lieux jusqu'à son arrivée à Valence. Epuisé, il meurt au bout de quelques semaines, en août, à 83 ans. Un cénotaphe rappelle cet évènement dans la Cathédrale Saint- Appolinaire.

L'Etat Pontifical- fut annexé à l'Etat français et administré par une commission de cinq membres, appelée « la Consulta » ; cette commission est chargée entre autres missions, d'établir les rapports entre l'Empereur et Rome.

Le magnifique bâtiment de la Consulta abrite aussi la Préfecture. Et le 9 mars 1810, Camille est fait « baron d'Empire »..Mais, â la fin de lette même année, il a la douleur de perdre son père et en est très affecté.

L'année suivante, le 29 août, il épouse Adèle Maynaud de Pancemond, qui va grandement le seconder, en particulier dans la Société.

Après un gros travail d'installation, Camille a la joie de faire venir sa mère et son épouse à Rome. Le peintre Ingres fait alors le portrait d’Alix de Tournon.

Camille de Tournon, premier préfet de Rome, fait un travail énorme, tant de restauration des antiquités romaines, que d'administration.

A)    Son objectif est d'embellir Rome et de l'assainir

1)           s'attaque au Forum, qui n'est plus qu'un champ de boue, au Temple de Castor et Pollux ; la basilique de Constantin a été transformée en étable ; il déblaie le Colisée en supprimant toutes les masures accolées à l'édifice. Pour dégager les monuments, élargir les places, il est contraint d'abattre de nombreuses maisons. Il libère ainsi le Panthéon, la place de la colonne Trajan.

2)            L’assainissement est un des grands soucis de Camille, qui sait le prix de l'hygiène. Il lance le projet d'assèchement des Marais Pontins, qu'il ne pourra pas mener à son terme avant son départ

B)               L’administration est un des talents de Camille. Il a fort à faire à Rome. Pour faciliter son travail il se concilie le Conseil Municipal- de la ville. Il organise des établissements de bienfaisance, il réforme la police, etc... Il publie aussi ses « Etudes Statistiques sur Rome et la partie occidentale des Etats Romains », ouvrage précieux.

Mais Camille de Tournon, comme l’Armée française, est contraint de quitter Rome en janvier 1814, lors du Coup d'État de Murat. Devenu Roi de Naples, et en opposition à Napoléon, Murat envahit les États Romains et en chasse tous les occupants.

C'est le retour en France de Camille après cinq années à Rome.

 


Le Préfet de Bordeaux

Dès avril 1814, Camille de Tournon se rallie aux Bourbons. Pendant un an, sans poste, il réside chez ses beaux-parents à Génelard où il met au point ses « Etudes Statistiques ».

Durant les Cent Jours, les préfectures de l’Hérault, puis du Finistère, lui sont proposées. Il les refuse, préférant rester à Paris.

En revanche, le 9 juillet 1815, il accepte sa nomination de Préfet de Bordeaux des mains de Louis XVIII.

A son arrivée à Bordeaux, Camille est tout de suite en butte à l’hostilité de nombreux fidèles à l’Empereur et, simultanément, à une forte agitation des ultras. Il lui faut beaucoup de doigté et de compréhension pour éviter le bain de sang. Les intrigues sont nombreuses. Mais son esprit de modération et sa diplomatie naturelle permettent au nouveau préfet d'obtenir un certain calme.

Pour bien se faire comprendre et faire pièce aux fausses nouvelles, qui pullulent, Camille de Tournon fait paraître « La Feuille -du Dimanche », par laquelle il tient la population au courant de ses travaux.

Comme à Rome, il s'intéresse à tout : il développe la Garde Nationale ; ayant toute confiance en la Gendarmerie, il redonne à ce corps tout le prestige qu'il mérite.

En 1818, il est nommé « Maître des Requêtes » au Conseil d'Etat et en 1820, il est fait « Officier de la Légion d'Honneur ».

Les grands travaux ne lui font pas peur ; c'est son mérite. Il reprend le projet de construction du pont de pierre, tout juste commencé et en sommeil depuis 1810. Il réussit à trouver les fonds nécessaires, grâce à son esprit de persuasion. Le pont sera « livré » le 1er mai 1822, quatre mois après le départ du préfet, mais c'est tout de même son œuvre.

En Gironde, Camille de Tournon se penche aussi sur le problème des routes et des chemins vicinaux, qui sont dans un état déplorable et insuffisants. Après avoir reformé les hospices, il lance le programme de construction d'un hôpital. L'Hygiène Publique le préoccupe toujours et lui cause de gros soucis, car il y a fort à faire, en particulier dans le domaine de la vaccination contre la petite vérole (la variole). Cette maladie fait des ravages ; son frère Philippe en est mort en 1809.

Le travail serait sans limites. Mais, le 9 janvier 1822, Camille de Tournon est nommé « Préfet de Lyon ».


Le Préfet de Lyon

Camille de Tournon ne restera qu'un an à Lyon, mais il va s'efforcer d'améliorer la ville.

Lyon est restée dans son ensemble fidèle à l'Empereur. Le nouveau préfet a beaucoup de mal à venir à bout de l'hostilité manifeste qui règne envers le régime. Il y a même des émeutes en mai, qui vont beaucoup bouleverser Madame de 'I'ournon.

A son habitude, Camille visite son département et fait son traditionnel rapport. Il a une grosse activité administrative :

Il fonde la Caisse d'Épargne, l'Ecole Spéciale de Commerce, la Société de statistiques du Rhône, le Conseil de Salubrité Publique, etc...

Dans d'autres domaines, il améliore grandement le Quai de la Pêcherie, la navigation et les ports. Il achève la construction de l’Ecole Vétérinaire, celle de la Préfecture.

Il s'intéresse aussi aux routes, à l’Instruction Publique et Privée ; il attache beaucoup d'importance aux classes primaires. Il encourage les maîtres et les élèves de l'Ecole des Beaux-Arts. Il est infatigable, en principe ; car en fait, il commence à se lasser un peu.

Le 21 août 1822, Camille de Tournon est nommé « Commandeur de la Légion d'Honneur ».

Mais il désire quitter Lyon et rejoindre Paris, ne serait-ce que pour la santé de son épouse, très éprouvée depuis les émeutes.

Il quitte Lyon le 1er janvier 1823.

 

 

La fin de la Carrière de Camille de Tournon

Camille est nommé « Conseiller d'État » et obtient la présidence des « Bâtiments Civils ».

Il est élevé à la dignité de « Pair de France » le 24 décembre 1823. Il fait partie du Centre Droit.

Après la Révolution de 1830, il démissionne du Conseil d'État, mais reste à la Paierie. Il doit aussi la quitter en 1833. Il est très fatigué et sa santé se dégrade.

Il se retire à Génelard, où il rédige ses Mémoires.

Il meurt au Château le 18 juin.

Dans son testament, il a expressément demandé à être inhumé auprès de ses parents dans le cimetière de Tournon. Mais le souhait ne sera pas réalisé ; sa tombe est à Génelard.


Claude-Philippe de Tournon

Né en 1775, il est l’ainé de 11 enfants.

Philippe de Tournon commence une carrière militaire, faisant partie de L'Armée de Condé. Mais dès 1791, encouragé par ses parents, il doit émigrer, comme tous les jeunes nobles.

A son retour, il-épouse Marie de Mascon, dont il aura deux enfants :

- Charles-François, qui épousera Ludivine Arod de Montmelas et sera à l’origine de la branche des Tournon du Beaujolais.

- Philipine Marie-Anne, qui s'alliera au Marquis de la Celle

Philippe de Tournon est décoré de la Légion d'Honneur le 19 mai 1802. Proche de l’Empereur, il contrarie beaucoup son père, resté fidèle aux Bourbons. Il est ensuite nommé Chambellan de Napoléon le 2 février 1806, grâce à la protection de M. de Talleyrand. A partir de cette date, il suit l’Empereur dans toutes ses batailles : Pologne, Italie, Prusse ; il est présent à Eylau te 8 février 1807, à ,Friedland le 14 juin. Il reçoit la grand Croix de Saint-Joseph de Würtbourg.

En 1808, il est en Espagne, où il devient chef d'escadron.

Sur le chemin du retour à Paris, Il tombe gravement malade à Bayonne et doit s'arrêter. Il vient de contracter la variole, dont il succombera le 5 février 1809.

Son frère Camille, alors intendant à Bayreuth, apprendra la triste nouvelle par un courrier de M. de Talleyrand.

 

Victor de Tournon

Victor de Tournon est né à Apt le 15 août 1790.

Il entre à l'Ecole Militaire de Fontainebleau, créée par Bonaparte, le 1er mars 1808. Celle-ci est, le même mois, transférée à Saint-Cyr.

Victor est nommé caporal puis sergent en 1809, enfin sergent-major en 1810. Un décret de l'Empereur le nomme sous-lieutenant au 1er Régiment de Cuirassiers le 14 août 1810. Il participe  à la Campagne de Russie : Smolensk, la Moskova, Moscou le 14 septembre 1812.

Puis c'est malheureusement la Bérésina. Sur 300.000 soldats, 25.000 seulement reviendront.

Victor est fait prisonnier le 16 décembre.

Des années plus tard la famille apprendra que Victor a été massacré à Dantzig en 1813, ainsi que tous les prisonniers français, dont ses deux beaux- frères : Charles et Hyppolite de Pancemont. Il avait 23 ans.


Just-Hyppolite de Tournon

Just-Hyppolite de Tournon, né en 1781, est un frère de Camille de Tournon Simiane. Comme lui, sa petite enfance se passe en Provence, au Château de Banian.

En 1786, avec sa famille, il vient habiter le Château de Claveyson en Dauphiné, dont son père, Alexandre-Francois Xavier vient d'hériter. Just-Hyppolite vivra de longues années à Claveyson, assez longtemps pour en devenir maire.

Mais il est très attaché à l'Ardèche et vient ensuite, et définitivement se fixer au Château du Vergier, qui appartient à sa famille depuis de nombreuses générations. Le Vergier fait partie du village de Desaignes. Et Just Hyppolite en sera aussi le maire, du moins jusqu'en 1830 â l’avènement de louis-Philippe... Malgré tout, il restera conseiller municipal : continuant à rendre de grands services à la cité.

En 1839, il a 58 ans, il épouse Mélitie Jeanne de Murards d'’Yvours, qui lui donne trois enfants : Marie, Marguerite et Just.

Just-Hippolite est très aimé et apprécié par ses concitoyens. En 1864, l’Abbé Artaud, qui l’a bien connu, dit de lui : « Par sa noblesse, il tient le premier rang, par ses vertus, il tient la première place ». En fait, il est tenu par tous, semble-t-il pour un homme de bien. Il-meurt en 1870.

Son fils, Just lui succède au Château du Vergier, avec peut-être moins de personnalité.

 

 


 


Just Hyppolite de Tournon                                       Mélitie de.Murard d’Yyvours

1781-1870 frère de Camille                                    épouse de Just Hyppolite



Philippe Antoine François Comte de Tournon Simiane

Fils de Camille de Tournon et Adèle de Pancemont, Philippe est né à Bordeaux le 3o janvier 1820, lorsque son père était Préfet de la Gironde.

Après des études au Lycée Bourbon (Condorcet), il sert dans la Garde Nationale en 1848.

En 1870, en tant que Capitaine des Mobiles du Rhône, il participe activement â la défense de Belfort.

En 1875, il devient Lieutenant-Colonel du 60ème territorial. Il est alors fait Chevalier de la Légion d'Honneur.

Philippe de Tournon épouse sa cousine Léonie, dont il aura une fille Françoise, une comtesse de Chabannes La Palice.

La famille habite Montmelas en Beaujolais, dont Philippe sera maire pendant 25 ans.

Il publie plusieurs brochures, dont :

-         Les Volontaires pontificaux à cheval

-         Le Livre d'Or du Capitole

-         Notes sur l'Invasion du Lyonnais en 1814

Il avait acheté le Château d'Avrilly en Bourbonnais aux héritiers d'Etienne des Roys, et en avait classé minutieusement les archives.

C'est dans ce château que meurt, presque subitement, son épouse en 1899. Lui-même décédé le 21 août 1925 à Montmelas, à l'âge de 85 ans.

 

 

La famille de Chabannes la Palice

 

Françoise de Tournon Simiane, fille de Philippe, Comte de Tournon, petite ­fille de Camille, Préfet de Rome, épouse le Comte Jean de Chabannes La Palice le 27 avril 1892.

Elle est à l'origine de cette nouvelle branche des descendants des TOURNON, qui compte toujours de nombreux représentants actuellement.

Lette famille de Chabannes conserve dans son patronyme le nom de TOURNON : Les descendants habitent aujourd'hui le Beaujolais, l'Allier, Paris et autres lieux. Ils s’appellent : de Durat, d'Harcourt, de Verchère, de la Serre, etc... Pour la plupart, ils restent très attachés à leurs origines, à celles des Tournon en particulier.

 

 

 

Château d'Avrilly


Autres descendances

Les sœurs de Camille ont elles-mêmes pratiqué des alliances dans des familles, sinon illustres, du moins d'un renom certain

Alix et Hélène, que l'on peut admirer, enfants, dans un dessin de leur frère Camille, ont épousé respectivement Maurice de Sceytres-Caumont et Henri d'Hérisson.

-         Hortense est devenue Mme de Romanet de Lestrange. La famille de Lestrange, ou plutôt les familles de Lestrange, sont très connues en Ardèche.

-         Louise-Charlotte, dite Elisa, a épousé le Marquis de Taffanel de la Jonguière

Une partie des descendants d'Hélène et d'Hortense feront partie de la grande famille Colas des Francs, très représentée en Ardèche.

- Une autre sœur, Pauline, s'est alliée aux de Vernoux.

 

Au cimetière de Tournon

Dans la partie ancienne du cimetière de Tournon reposent huit membres de Ca famille de

Tournon Simiane :

-         les parents de Camille de 'Tournon : Alexandre François Xavier Comte de Tournon Simiane et Alix de Sceytres-Caumont

-         Just-Hyppolite de Tournon et son épouse Mélitie de Murard

-         Marguerite et Marie, filles d’'Hyppolite

-         Enfin, Just de Tournon et Anne de Villegas

Il est bon de rappeler que le vœu de Camille de 'Tournon Simiane précisé dans son testament, était d'être enterré à Tournon auprès de ses parents. Le vœu n'a pu être exaucé puisqu'il repose à Génelard.

Tournon reste, encore aujourd'hui, la ville des origines de lette famille. Elle y est toujours très attachée.


SOURCES

I Sources imprimées

- « Le Comte Camille de Tournon », par l'abbé Jacques Moulard (1929)

- « La vicomtesse Adolphe et les du Barry », par Marius Tallon (1892)

- Bulletin de la Société d'Archéologie de la Drôme (1969) : article de Mme Peyron- Montagnon : « Les trois frères ».

- Bulletin des lois relatives aux concessions des Domaines Nationaux en Corse(1791)

- Revue du Vivarais (octobre 1969) : « Le Comte de Tournon et la Bête du Gévaudan »

- Almanach Vivarais (1935) : « La Bête du Gévaudan et le 'Vivarais ». « Recherches archéologiques de Saint-Romain de Lerps et ses environs » par l'abbé Garnodier (1860)

- «La Bête du Gévaudan » par Nichet-Louis (1992)

- Le catalogue de «l'Expositian Camille de Tournon, préfet de la Rome napoonienne » à la Bibliothèque Marmottan (2001)

Cahiers de la Haute-Loire (1985) : « La famille de Treslémont »

 

II Sources d'archives

Paroissiaux de Tournon (1793) : naissance de la fille de Camille de Tournon : Alexandrine

Archives Départementales du Jura : Paroissiaux de Dôle

Contrôle des Actes : II C 637: décès de Hugues-François de Tournon Paroissiaux d'Arlebosc : naissances des enfants de Hugues-François de Tournon

Archives Départementales de l’Ardèche : microfilms des archives privées mises â disposition :

AA 21: copies des lettres de légitimation d'Alexandre de Tournon (1514), extrait d'un acte aux Archives .Nationales (JJ 231 cote 218)

A.A 17 : inventaire du Château du Vergier

AA 15 : Testament de Jean-Antoine de Tournon de Meyres


Litige entre les enfants d'Alexandre-François Xavier de Tournon Simiane et ceux de Hugues-François de Tournon de Meyres

AA 72 : Contrat de mariage entre Jean-Antoine de Tournon et Meyres et Marie-Louise de Simiane

Copie du testament du Comte Camille de Tournon Simiane (12juin 1833)

A 33 : Mariage d’Alexandre-François Xavier de Tournon-Simiane et Alix de Sceytres-Caumont (1774)

A. 78 : érection de la terre de Claveyson au marquisat au profit de Marc de Tournon (1754)

Série Z : liasses 1-2-5-7-8 : concernent la famille de Tournon-Simiane

Archives Départementales de Corse

Lettres du Roi Louis XVIII (1 B 3) destinée â l'érection des terres de Bagnaja et Serra en comté, sous domination de Comté de Tournon

Archives privées concernant les familles des autres descendances

Archives privées concernant le domaine du Banchet à Arlebosc

Carnets de l'aumônier de la famille de Tournon à Desaignes : au XIXème siècle

Liste des dessins provenant des albums de Camille de Tournon

Exposition « Marc Seguin « (1986) au Château de Tournon pour le pont de Bordeaux

Par Juliette Thiébaud et Michel- Cotte

 

Remerciements

L'Association des Amis du Musée et du Patrimoine remercie :

M. le Maire de Tournon et son Conseil Municipal pour la subvention qui lui a été accordée.

Le Conseil Général de l’Ardèche pour sa subvention et pour la participation des Archives Départementales (M. Dupraz, Directeur des Archives et M. Penot, photographe) à la collecte et à la reproduction des documents.

Le Conseil Régional pour sa subvention.

M. et Mme Henri de Chabannes, pour l’aide apportée par la mise a disposition de ses archives et l’accueil chaleureux jamais démenti.

M. et Mme Régis de Chabannes et M. François de Chabannes, pour le prêt de leurs archives et leur compréhension.

Mme de la Serre s'est montrée très favorable au projet et a permis sans difficultés de photographier plusieurs portraits chez elle

M. et Mme de Verchère pour le prêt généreux de leurs diapositives

Mme de Parscaux, grâce à qui la collecte de portraits a pu être complétée.

M. et Mme Vossier au Château de Claveyson

M. Jean Bernard à Desaignes, pour ses photographies

M. et Mme Popon-£eynaud pour le prêt de documents

M. Olivier Colas des Francs et M. et Mme Nathalie Colas des Francs pour le prêt de documents et de portraits

Michel Faure pour le cliché de Desaignes

 

Association des Amis et du Patrimoine de Tournon


Date de création : 26/01/2010 · 18:41
Dernière modification : 26/01/2010 · 18:41
Catégorie : Patrimoine
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