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N°6 - n-Daniel Tribouiller

Une vie d’employé communal Daniel Tribouiller

Par Séverine Michel et Natacha Penel

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Nous avons rencontré Daniel, qui a travaillé 35 ans pour notre commune.

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Je suis né le 18 mai 1947 à St Vallier. Mes parents étaient agriculteurs à Montalivet où mon frère Marcel habite encore aujourd'hui. J'ai aussi une sœur Odile. Je ne suis allé à l'école qu'à Claveyson, où j'ai passé le certificat d'étude. Après, j'ai travaillé un peu à la campagne et à 15 ans et demi je suis rentré à l'usine « Cléal » à St Donat où l'on faisait des chaussures pour enfants (de décembre 1962 à mars 1966). En 1966, je suis parti à l'armée au lac de Constance en Allemagne. En 1968, en revenant, j'ai fait une saison chez M. Brunet, un primeur à St Donat, mais le travail n'était pas abondant, à cause des grèves. En septembre de la même année, je rentrais chez SOGEA, une entreprise de TP, où travaillait M. James, j'y suis resté 2 ans. Je me suis marié avec Christiane Penel, ma moitié trois quart, en décembre 69. On a habité chez Mme Cattelon ( à coté de Mme Andrieu ) où on allait regarder la télé en couleur ! C'était un grand luxe. En 1970, la mairie de Claveyson cherchait un couple pour travailler à la commune et occuper l'unique logement de fonction. Je me suis inscrit et M. Marius Lamotte, maire de cet époque, m'a embauché le 1 décembre 1970, en tant qu'agent d'entretien de la voie publique. J'ai remplacé M. Roger Fermond, qui était parti depuis 2 ou 3 ans ou plus. En même temps, Christiane est entrée à la poste et on s'est installé dans le logement attenant. Ce logement était froid, surtout pour Christelle qui était bébé. Notre fils Fabrice est né en 1973, l'année où la mairie installait le chauffage central. Malheureusement, il nous a quitté beaucoup trop tôt. Au fil du temps, la mairie est devenue trop petite, le maire organisait les réunions dans notre salle à manger ! Quelquefois, ils avaient soif, ils rentraient dans la cuisine, se servaient un pastis et laissaient 1 ou 2 francs sur la bouteille.

En 1982, Stéphanie est née et nous avons retapé notre maison actuelle, mon père l'avait achetée en 1954. Aujourd'hui, nous profitons de Rémi et Océane, nos petits enfants .

Cette année, j'ai accompagné Océane et sa classe pour la Drôme à vélo. J'ai apprécié cette semaine là, où j'ouvrais la route aux enfants. Je me suis trompé de route une fois et les enfants ont inventé une chanson. Je suis entré dans l'association « Amitié Nucetu ». J'ai dit oui sans savoir ce qui m'attendait. En aôut 1993, une délégation de Roumains du village de Nucetu est venue à Claveyson. Ils ont été reçus chez les personnes de l'association et nous leurs avons fait découvrir notre région. En 1994, avec M. James, sa femme et son fils, nous sommes allés chez eux et au bout de 2500 kms, nous avons rencontré les habitants de Nucetu.. J'ai été un peu secoué par le décalage, surtout avec les personnes âgées qui n'ont pas de retraite, mais aussi par les personnes actives qui ont très peu de moyen pour faire vivre leur famille. Nous avons visité, avec des personnes du village, Bucarest, le Palais de Ceausescu…

En 1996, j'ai fait parti du convoi humanitaire. Nous avons emmené beaucoup de linges, de chaussures… qui ont été appréciés par jeunes et moins jeunes. En 1999, nous avons installé des bureaux que l'on a récupéré dans certains village du Nord Drôme. On les a tous démontés, repeints et chargés dans des camions Roumains, qui passaient par notre région. Une centaine de bureaux ont été installés dans les classes du village, à la grande joie des élèves, surtout en maternelle car ils n'en n'avaient pas. J'ai de très bon souvenirs de tous ces voyages. Des gens sympathiques, toujours prêts à nous servir à manger, à boire une « Tuica », c'est un alcool de prunes ou bien une bière. J'ai retrouvé là-bas la vie de nos campagnes dans les années 60. Avec encore beaucoup de chevaux attelés à de petites carrioles. A côté de cela, dans les grandes fermes d'Etats (11 000 ha), on peut voir des tracteurs. J'espère y retourner pour voir l'évolution, qui va très vite je crois, et saluer les amis ou « colléga », rencontrés là-bas.

J'ai changé 5 ou 6 fois de patron : pendant 4 mois Monsieur Marius Lamotte, puis de mars 1971 à octobre 1982, Monsieur André Fourel, qui n'a pas pu finir son 2ème mandat, pour cause de santé.

D'octobre 1982 à mars 1989 : Monsieur André Darnat et Monsieur Roland Bonin jusqu'en juin 1999 et enfin Alain Baboin.

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En 1971, j'ai acheté pour 250 F mon premier tracteur « un Idéal » qui marchait au pétrole. Les gens rigolaient bien, car ils disaient que s'ils ne me voyaient pas, ils sentaient l'odeur du pétrole et cela jusqu'en 1974, où j'ai eu le Renault acheté par le système Voirie Galaure des trois autres communes (Mureils, La Motte de Galaure et Saint Barthélémy de Vals). Ce fut le début de la modernisation. La commune a acheté le N 72, le camion bleu, la remorque à goudron qui auparavant était un camion et que l'on a remis en état. Au début, le village n'était pas organisé comme aujourd'hui ; il n'y avait pas de fleurs ou peu, c'était du brut. On faisait le goudron avec de l'enrobé, qu'on lançait dans les trous. A l'époque, j'étais seul ou avec ceux de St Barthélemy ou de La Motte et on se rendait le temps. Par exemple, si l'un venait une journée, moi en retour, j'y allais une journée. Le SIVU fût créé en 1975 avec l'achat du tracteur pelle. Il regroupait les communes de St Barthélemy, La Motte, Mureils et Claveyson. Au début du goudronnage liquide, on a fait plus de 200 km de routes et balancé plus de 400 tonnes de gravillons. C'était du boulot ! De plus, il y avait le marché aux légumes de 11 heures à 12 heures. Je faisais les tickets de droit de place. Pendant l'été, c'était assez agité, mais j'étais jeune et tout allait bien (rire). Pour le marché, j'ai remplacé M. Douri.

En 1984, St Barthélemy s'est retiré du SIVU (que pour le goudronnage), donc on ne faisait plus que Mureils, La Motte et Claveyson. On a gagné du temps car St Barthélemy est une commune étendue. Depuis 2007, c'est une entreprise qui goudronne, car le matériel n'est plus en état et les conditions de travail ne sont pas aux normes. Les premières années, je faisais tout à la main, avec une débroussailleuse à dos, le croissant, pour ceux qui connaissent. L'élagage des aubépines, à St Andéol, se faisait à la serpette (gouillat) Je distribuais les papiers administratifs, de remembrement, de cartes grises. J'allais voir les propriétaires touchés par le remembrement du TGV. Les gens signaient comme quoi ils avaient reçu leurs papiers. Je connais mieux le Claveyson d'il y a 25 ans que de maintenant.

En 1970 : la neige une catastrophe. C'est une chose à vivre une fois dans sa vie pour comprendre. J'ai commencé le déneigement à la pelle et la brouette. Le maire voulait que je nettoie le village mais lorsque je me retournais, c'était comme si je n'avais rien fait. Inutile de travailler comme cela. Après, certains ont commencé à sortir les tracteurs à lames, puis Monsieur Lagut est venu avec le chasse neige, alors là on a pu dégager en partie St Andéol et des chemins pour que les gens puissent circuler, c'était dur. Il était tombé 70 à 90 cm de neige fraîche. Avec le vent, il y a eu des congères jusqu'à 3 m de haut, chez Griotier, les talus étaient plats ! Pour les congères de St Andéol, ce sont des engins (fraises) de Savoie qui sont venus, impossible de passer avec un tracteur, la neige était plus haute que les voitures.

Le plan ORSEC était déclenché, des hélicoptères venaient chercher les œufs dans les élevages chez Perossier, Penel, Racamier. Cette année là, les habitants étaient main dans la main. Ils s'entraidaient, chacun faisait attention aux autres. On portait le pain aux anciens…


En 1970 à peu près 90% de la population étaient des agriculteurs et ils se débrouillaient avec les produits de la ferme, peu de personnes prenaient la voiture tous les matins, de toute façon, c'était impossible. Une fois, l'ambulance s'était mise de travers dans les congères, on avait fait des manœuvres avec M Lagut pour la dégager. D'ailleurs, je lui tire un grand coup de chapeau, car il conduisait un tracteur sans cabine par -18 à -20°C ! Tout était gelé, il se levait tôt pour réchauffer le tracteur pour pouvoir démarrer et faire la trace et cela pendant 12 jours.

Trois mois après, le 21 mars 1971 (jour des élections municipales), il est tombé 60 cm de neige mouillée qui a cassé les fils électriques, mais il faisait moins froid. J'ai fait la trace avec Jean-Pierre Vossier.

On habitait à la mairie, notre cuisine était à la place de la bibliothèque actuelle. La mairie se chauffait à l'électricité, alors ils venaient autour de notre poêle à mazout. Certains quartiers sont restés sans électricité pendant huit jours. Monsieur Fourel a commencé en beauté son mandat de maire avec la neige puis un mur du village qui était tombé. Ensuite, les choses ont repris le dessus. En 1982 il y a eu beaucoup de pluie, et un grand vent qui a emporté la passe de toit de l'église. J'ai du remonter les tuiles avec une échelle !

Un jour, Monsieur Griotier de St Andéol criait, je pensais que c'était après ses chèvres ou ses chiens. Mais il s'était coincé la tête sous sa charrue en voulant la réparer. Je l'ai dégagé, il n'était pas blessé mais juste un peu sonné d'être resté la tête en bas si longtemps.

Une autre fois, son tombereau s'était dételé à la montée de chez Monsieur Soton et son chargement de fumier avait benné. Son tracteur n'avait pas de freins alors il n'osait pas en descendre. Heureusement, je n'étais pas loin et je lui ai donné un coup de main pour redresser son tombereau. Un jour, Gérard Grève criait « Gamine ! Gamine ! » Je suis allé voir. Gamine était en fait, une vache en train de mettre bas ! J'ai donc aidé à tirer le veau.

Au début, tous les samedis matins, avec Jean-Pierre Vossier, on ramassait les poubelles du village avec un tracteur et une remorque. On les portait au virage à La Motte (tout de suite après le pont du TGV).

Vers 1982, les éboueurs nous ont remplacés. Le village a changé, il est plus joli et sera encore mieux à la fin des travaux. Les égouts ne coulent plus dans le Bion, depuis la construction de la station d'épuration en 1997. Les débuts n'ont pas été faciles car les constructeurs nous ont donné les clés du portail, sans explications sur le fonctionnement de la station. On a eu quelques pannes et des inondations car les égouts et les eaux pluviales n'étaient pas séparés. Il arrivait des quantités phénoménales de cailloux qu'il fallait enlever à la main. Une fois avec Jean Luc Aillon, on a sorti pratiquement 2 m3 de graviers du lit de relevage avec un seau et dans les odeurs. Aujourd'hui, ce n'est plus un gros travail, mais il faut faire les choses quand elles doivent être faites. Le travail se fait en fonction des saisons, au printemps, c'est le désherbage, l'été le fauchage, l'automne le débroussaillage et la semaine de la toussaint, le nettoyage des deux cimetières et l'hiver de la maçonnerie, des démolitions, de la peinture…

Février et mars restent des mois un peu plus calmes. En 1987, la salle des fêtes a été achevée, c'était un gros progrès pour la commune. (Vous vous rappelez comment elle était avant ?) La modernisation demande toujours plus de travail. Et le temps de travail a diminué ! Au début, je faisais 42 heures par semaine, entre le marché, le goudronnage, les poubelles… J'étais bien occupé. Mais le travail était différent, il n'y avait pas toutes ces fleurs et le reste dans le village, par contre je faisais le ménage des écoles le mercredi matin, c'était fait pour la semaine. C'était plus simple et on avait plus le temps de faire les choses.

Je n'ai jamais compté mes heures, surtout les jours de beau temps. Avec l'expérience et de l'organisation, on gagne du temps… J'ai toujours été bien dans mon travail, sans personne derrière moi. La mairie me donnait des consignes et je faisais ce qu'il y avait à faire comme je voulais. J'ai fait les démolitions et la reconstruction des logements communaux, où la poussière datait de 200 ans. Mais le plus dur était les travaux de l'épicerie. Il fallait couper une poutre, je ne pouvais pas le faire seul, alors j'ai appelé le maire, Roland Bonin, qui s'est entouré d'une corde, pour tenir la poutre bien plus lourde que lui. J'ai coupé la poutre, celle-ci est partie et le maire avec et ils se sont rencontrés. J'ai cru avoir assommé Roland, mais pas de mal ! On a bien ri après.

Dans les années 90, la commune a embauché Michel Rignol 2 jours par semaine. Il s'occupe de la salle des fêtes, des fleurs, du village… Ensemble, on a nettoyé puis aménagé Suze.

daniel-famille.jpg

En décembre 2006, j'ai pris ma retraite. J'ai aimé mon travail car il était varié et je n'ai pas trouvé le temps long, bien au contraire.

Tout est passé vite, trop vite ! J'étais bien content de travailler à la commune. Je connaissais bien les gens et j'espère qu'ils étaient contents de me voir. Même si parfois, j'étais un peu bourru !

J'aime bien bricoler : la maçonnerie, la mécanique, le jardin, couper du bois, et quand Christiane sera à la retraite, peut être aussi, on voyagera un peu…


Date de création : 25/02/2008 · 09:32
Dernière modification : 25/02/2008 · 09:32
Catégorie : N°6
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